Pablus"/>

Les restes du Pablog - préoccupations ponctuelles


Jump to content.

Mes derniers tweets :

Perles du web

Maintenant inactive (remplacée par Twitter)ma revue du web pendant longtemps...De très bons liens :)

Clic sur les tags pour les articles sur...

Archives du blog

Vous pouvez aussi me donner de l'argent...

De la démocratie en Roumanie

Je tente ici de répondre à une question qui m’a tourmenté pendant 3 ans.
Pourquoi les roumains ont-ils, après la révolution de 89, élu démocratiquement, à 85% des suffrages un ancien responsable communiste, Iliescu ? (situation à l’origine d’une impunité post-communiste problématique depuis longtemps)
Vu la haine que devaient leur inspirer les ex-communistes, je les aurais vu plutôt exécutés que responsables politiques.
Et bien non, Iliescu a été président de 1990 à 1996 et de 2000 à 2004.

(Les explications qui suivent sont le fruit de dizaines de discussions glanées ici et là. Je ne revendique aucune neutralité ou précision, mais serais gré aux connaisseurs de corriger ce propos en cas d’erreur)

Oui, il avait de beaux projets pour la Roumanie libérée. Mais il a, comme tous les dirigeants communistes, envoyé des opposants en prison, participé à l’oppression d’un peuple

Tout commence le 25 décembre 1989 avec l’exécution de Nicolae Ceaucescu (dictateur de Roumanie depuis 67) après la révolution roumaine.

Nicolae Ceaucescu ex-dictateur de Roumanie

Nicolae Ceaucescu ex-dictateur de Roumanie (source Wikimedias)

Il faut d’abord savoir que la seule chose que toutes les sources s’accordent à dire, c’est qu’on ne sait pas ce qui s’est passé. Et ça devient pire avec le temps.

A la chute du régime, tout n’est qu’espoir et chaos. Mais personne ne sait quoi faire. Je vous invite à regarder ce 20h sur Antenne 2 de l’INA, extrêmement émouvant et informatif. (notons la différence qualitative énorme du traitement de l’information hier et aujourd’hui, merci TF1)
Aucune “résistance” n’existe et ne sort d’un chapeau un protocole de transition démocratique approuvé par l’histoire. Tout le monde est abruti par des années de soumission brutale, personne n’a idée de l’organisation et des étapes nécessaires à une transition…transition vers quoi d’ailleurs ?
Les “terroristes” (voir l’article “La révolution roumaine de 1989” de wikipedia), l’armée retournée, les citoyens en colère…tout rend nécessaire un responsable qui sache quoi faire.
Tous les hommes clefs du pouvoir déchu trouvent subtilement à-propos de ne pas la ramener après le sort qu’on a fait à leur patron. Et si on leur demande “hey, chef, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?”, ils répondent peu ou prou : “shhhhhht, arrête de m’appeler “chef” et aide moi à emballer cette argenterie”.

Mais point besoin de trop attendre. C’est l’après-midi même de la mort du dictateur que le futur président sort de l’ombre, à la tête d’une coalition de transition auto-proclamée, le Front de Salut National. Profitant de son expérience de chef, de son autorité/charisme et de ses contacts, Iliescu occupe la sphère médiatique et sera durant cette période le noeud du cyclone, choisi (pour ses qualités d’orateur et sa détermination) par les médias comme symbole de la nouvelle Roumanie. C’est ainsi qu’il assoit sa légitimité.

Le FSN édicte plusieurs décrets (voir vidéo d’antenne 2, minute 10 environ) qui témoignent incontestablement d’une fin du communisme et rassure sur ses intentions.
Non des moindres, le décret de “liberté de créer des partis politiques”, annoncée à ce moment là, intéresse la suite de l’histoire. Des centaines de partis naissent, les responsables des partis pré-communistes exilés depuis 40 ans relancent leurs mouvements (ex PNL), tout le monde se lance en politique…

C’est par là qu’une expérience démocratique inédite semble avoir vu le jour : le parlement est recréé selon les seuls critères de légitimité acceptables à ce moment : 3 membres de chaque partis déclarés sont introduits dans la chambre de discussion. Toutes les discussions et décisions sont télédiffusées, souvent jusque tard dans la nuit et des vocations de surveilleurs de la république se créent chez des citoyens tv addicts.

Il n’y a qu’à imaginer la multitude d’opinions représentés et les discussions qu’il a du y avoir. Mais, décisions furent prises, transition fut amenée.

Au jour des premières élections démocratiques, en mai 1990, Iliescu est “l’homme” de la nouvelle Roumanie, garantissant maîtrise et changement (il l’avait prouvé) mais aussi une certaine stabilité puisqu’il connait les rouages de l’ancienne administration et promet une transition en douceur. (ses opposants, peu médiatisés, parlent de “libre échange” “privatisation” de tout et sont presque considérés comme des extrêmistes aberrants. (L’idée de privatisation est, par exemple, incompréhensible en ce temps : comment vendre à des patrons privés nos usines ! c’est à nous, à la Roumanie…Etc)
Son parti (le FSN renommé) est élu à 85% des voix.

A ce sujet, Wikipédia décrit le mouvement d’Iliescu comme partie prenante de la troisième phase du communisme roumain, je cite :
“…
le « national-communisme » qui se traduit par une accentuation de la misère populaire, un refus de la perestroïka et une coupure entre les « conservateurs » du régime et les « réformateurs », qui aspirent à en finir avec le communisme et s’appuient sur Gorbatchev et la France pour renverser Ceauşescu en 1989. Après quoi, « conservateurs » et « réformateurs » font à nouveau bloc au sein du FSN (Frontul Salvării Nationale) et gardent le pouvoir jusqu’en 1996[5].

…”

Je rajouterai cet extrait de l’article :
“…
En décembre 2006, quelques jours après la cérémonie d’entrée dans l’Union européenne, le président Traian Băsescu a été le premier président roumain à condamner officiellement les crimes commis par le régime communiste. En 2007, les historiens de la commission présidentielle pour l’analyse de la dictature en Roumanie, ont officiellement évalué les victimes civiles du fascisme roumain à à un demi-million de personnes, et celles du communisme à deux millions, soit environ 10% de la population[6].


Il est encore à noter que l’actuel PSD (parti social démocrate) est encore qualifié à gogo (par ses opposants) d’ “anciens communistes”. Difficile de juger ce raccourci étant donné l’eau passée sous les ponts et l’impunité totale de tous les responsables des années sombres roumaines, pas seulement ceux du PSD.

Tout cela brosse un tableau si noir de l’ex-président Iliescu que j’en semble acharné. Mais je n’ai pas d’intérêt en jeu, je ne mets en forme que ce que j’ai entendu de multiples sources. Je serais ravi d’être discuté, voire disputé, pour en apprendre plus sur ce qui m’apparaît être les clefs de compréhension de la Roumanie moderne.

11 comments

  1. Ludovic Allouch posted on 16 décembre 2008:

    Mmmm en effet il y a ici comme un sacré paquet de noeuds là. Mais personnellement, je t’ai déjà vu plus acerbe lorsque tu averti tes fidèles lecteurs que ton article va être en mode “pas gentil” contre quelqu’un, mis à part avoir précisé qu’Iliescu est un ex-fervent communiste ultra médiatisé après la révolution, ceci l’aidant à atteindre le pouvoir, voilà t’y pas que tu “l’embaume” en disant qu’il connaissait les rouages de l’état et assurera une transition en douceur.
    Bref. Venons en au fait! Cette transition, ça donne quoi par la suite? nous sommes en mai 90, Iliescu est élu à 85% des voix (si j’ai bien lu), que ce passe-t-il ensuite? Du bon ou du mauvais? (Au vu de l’état actuel de la Roumanie, je pencherai pas trop pour du bon… mais peut être que je me trompte!)

    La suite père Castor!

  2. Pablo Grandjean posted on 16 décembre 2008:

    Disons que ces sujets sont brûlants, comme tous les sujets politiques et qu’en plus, les protagonistes sont vivants, actifs et puissants. Mes précautions orales sont une “protection” pour relativiser une sensation de diffamation que pourrait ressentir les concernés. J’espère n’avoir affirmé ici que des faits acquis et cité mes sources.

    J’ai 3 valises d’anecdotes marrantes qui illustrent la période de transition. Je vais tenter d’en faire quelque chose…

    Entre temps, (jeudi) il y aura un topo sur “pourquoi les communistes yzétaient tous méchants ?”, pour enterrer les dernières velléités ou regrets crypto-communistes de mes concitoyens.

    Si t’as d’autres questions précises et que j’ai assez de matière, ça peut me donner des idées de posts. Hésite pas à suggérer…
    bisous

  3. Lud@l posted on 17 décembre 2008:

    Des suggestions? mmm pour le moment j’en ai pas. Mais j’ai un jeu géopolitique rigolo en ce moment. Créer une réalité alternative : en ce moment je joue à “Les sudistes remportent la guerre de sécession, les USA devenus CSA (confederate states of america) entrent en autarcie, que se passe-t-il ensuite?”
    Si vous avez des idées, je suis preneur! ^^ (répondez-moi sur mon facebook ou trahsboy666hotmailcom)

  4. Pablo Grandjean posted on 17 décembre 2008:

    Il est grave ton jeu ! Ca se passe où ?
    Je veux jouer !!!
    (je t’envoie des idées pour ton scénario)

  5. Lud@l posted on 17 décembre 2008:

    C’est pour notre future opé d’airsoft… On va plonger à fond dans le jeu de rôle pour se la donner héhé!

  6. Pablo Grandjean posted on 17 décembre 2008:

    Vous êtes tarés !
    Tu vas te déguiser en tunique bleue ou vous jouez une guerre postérieure à ça ?
    Qui contre qui ? etc…

  7. Ludovic Allouch posted on 17 décembre 2008:

    ouais nan on joue en 1950. Moi je serai en para russe avec un tit ppsh41 (ma grosse fierté), et grosso modo le pitch c’est que les américains sont en mode pacificateur dans farscape, tout en gris anthracite avec un plastron type plastron de hockey noir et béret rouge… et en face les miliciens, habillés selon leurs envies… et bim une partie sur 12h dans une zone de 30km² !mouaha!

  8. Pablo Grandjean posted on 17 décembre 2008:

    C’est quoi un ppsh41 ?
    Vous allez faire des photos ? Un journal de guerre live ?

  9. Ludovic Allouch posted on 19 décembre 2008:

    le ppsh41 est l’équivalent russe de la thompson américaine (le flingue d’al capone), les deux premiers fusils mitrailleur automatiques conçus pour nettoyer les tranchées.
    T’inquiète y’aura des photos, une vidéo, un livre de règles, un livre d’histoire, un maître du jeu, connexion EDGE pour chaque équipe et reporting des zones capturées en live sur une appli java online… Il manque plus que des avions de chasses d’époque et l’immersion serait totale! mais ça, ça sera dans une dizaine d’années ;-P

    Oui on est fous, et alors?

  10. Pablo Grandjean posted on 19 décembre 2008:

    Et des reporters de terrain avec diffusion vidéo live, un petit site où s’agrègent des twitters des combattants (reporters), un MJ qui fait des commentaires vidéos réguliers…le tout sur un site où les téléspectateurs attendent avec passion l’issue du conflit (et font des paris…)
    Ce serait terrible. Pour la prochaine fois peut-être ?

  11. Ludovic Allouch posted on 19 décembre 2008:

    wouloulou ça devient battle royal là mdr!

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>



Read more

« Veille du web
Mais pourquoi étaient-ils si méchants ? »