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Du rapport entre Hadopi, le Libre et l’industrie de l’information

Qu’y-a-t-il derrière le black-out anti Hadopi ?

Combien de fois ouîmes-nous les sempiternels “branchés news” technophile saccager d’un <voix de Bob, ancien du Vietnam>On ne fera pas de moi un pirate ! </voix de Bob> le plus subtil et définitivement contemporain “texte de loi” de notre génération - la dite loi Création et Internet -, en un élan de ferveur désintéressée, avant de retourner à sa citoyenneté quotidienne : commenter les performances comparées de GTA sur PS3 & DS ?

A l’origine d’une telle conversion de millions de téléchargeurs du dimanche à la subtilité des débats parlementaires qui inquiète nos élus d’un intéressement politique plus global (il manquerait plus que le pouvoir soit au peuple, on était déjà pas assez dans la m** avec la crise…) plusieurs éléments :

  • La peur :  le profil des internautes français nous permet de supposer qu’ils ne se sentent globalement pas concernés par des mesures d’expulsions aux frontières en guerre, de stagnation du SMIC, de rapprochement anticonstitutionnel de l’exécutif et du judiciaire, de confits d’intérêts privés/publics, d’isolation postale, de surendettement/expulsion, de déstructuration de l’enseignement et de la recherche publique, d’envoi de troupes en Afghanistan, et autres joyeusetés de la Sarkozye. En revanche, il s’agit ici de menacer directement les nouveaux loisirs remplaçant la télé de la plupart des geeks et jeunes CSP+ de l’hexagone : le téléchargement ! “Pas touche à mon nounours…on vous emmerde pas, vous nous emmerdez pas. Si vos potes les majors en touchent plus une, filez leur des subventions publiques, comme aux constructeurs auto ! Mais si tu m’empêches de télécharger mon Dr House et mon Heroes, tu vas sentir ce qu’est le pouvoir du Web 2. Et d’ailleurs, fais gaffe, il se pourrait même que ça nous serve  de leçon et qu’on s’en mêle plus souvent.” Voilà la principale raison de la réaction virale sans précédent du web sur ce sujet. Et les démagos d’en rajouter, et tel journal d’en faire une Une aguicheuse et catastrophiste…

Une de Libération sur Hadopi

"Une" de Libération sur Hadopi

Mais il est une explication plus profonde, sans laquelle la loi Création et Internet serait restée un sujet d’élite où quelques PDG de multinationales dicteraient leurs virgules aux parlementaires, comme pour les autres lois :

  • Le mouvement du Libre. Le mouvement du Libre est un poil plus que des développeurs philanthropes qui travaillent sur Firfox et Linux pour nous éviter les failles de IE et les licences de Windows ; ou que de dangereux néo-communistes qui travaillent gratuitement pour remettre en question le capitalisme. Le mouvement du Libre est le pionnier d’un nouveau système économique imposé par l’arrivée de l’Internet et des associations comme l’APRIL (voir bannière en haut du blog), Framasoft ou la Quadrature du Net (initiateur de la campagne “black out du net”) font un travail de veille législative, de lobbying, de vulgarisation et de communication extraordinaire.

HADOPI - Le Net en France : black-out

Ce nouveau système économique va s’imposer inéluctablement à terme, dans tous les secteurs de l’économie. Il a des qualités, des défauts, des gagnants, des perdants, on ne sait pas toutes ses conséquences ni leur étendue.
Ce qu’on sait, n’en déplaise à ses utopistes défenseurs est qu’il restera intrinsèquement capitaliste, motivé par le gain au détriment de la qualité ou de la diversité, qu’il fera plus de perdants que de gagnants mais indubitablement, la chaîne de valeur est bouleversée et les mécanismes de production et de vente sont changés.

Une transition économique majeure

Ce nouveau système économique est caractérisé par :

  • Le participatif, tant dans le Crowdsourcing (De la conception du produit - ex : Danette demande aux internautes de choisir le goût de leur prochain yaourt- et du marketing -marketing viral-) que dans l’utilisation de biens placés sous une nouvelle génération de “biens publics”, dont les “licences Creative Commons” sont les premières expérimentations. Ces briques de valeurs gratuites (logiciels opensource, médicaments génériques, séquences de gènes décryptés, brevets ouverts, savoirs-faires accessibles - vidéos tutorielles en ligne - …) suppriment des marchés (essayez de vendre des navigateurs web) et en créent d’autres, hybrides/payants, dynamisent l’économie -auto formation permanente, réduction des barrières à l’entrée des marchés concernés (bases de travail gratuites…)-

  • Un déplacement de la valeur dans la chaîne de production. Prenons deux exemples parlants :

- Le CD : Comme art, le CD est à la musique ce qu’une photo de tableau est à la peinture. C’est pourquoi le business model des majors du disque est si fragile (et périmé). Dans la nouvelle chaîne de valeur, la circulation de la copie de musique (mp3, peer-to-peer) est devenue encore plus facile que la distribution de flyers pour un peintre. Et elle s’impose (la copie de musique) comme ce qu’elle est : un teaser (outil marketing) pour la vraie valeur (économique) qui est la performance de l’artiste. Quelle logique, alors, y-t-il à punir les pirates ? Punissait-on les auditeurs de radio sous prétexte qu’ils achetaient moins de vinyles ? (les producteurs de vinyles ont aussi essayé d’interdire la radio)

A ce sujet, lire ou écouter gratos “l’âge de peer” :


- Un autre exemple serait les nouveaux business models de la plupart des services gratuits en ligne (flickR, youtube, gmail, myspace, …) : Le “produit d’appel” est un service gratuit de base qui fait office de teaser pour les offres premium/pro plus complètes et payantes. Là encore, le consommateur achète en connaissance de cause. Et la gratuité n’est encore là qu’une transformation d’un produit/service gratuit en teaser pour des offres payantes. Il s’agit d’un glissement dans la chaîne de valeur, non d’une crise de la gratuité. Il s’agit d’une transition économique non d’une destruction de l’économie.

La crise des médias

L’un des secteurs les plus touchés par cette nouvelle conjoncture gratuit/payant est celui de l’information. On clame que la presse meurt, que les chaînes TV meurent…Là encore, la gratuité est pointée : les blogs et les sites d’info gratuits, les agrégateurs de news (google news) détruiraient la presse. La TNT, Youtube et le Peer-to-peer tueraient les chaînes TV…Etc. Effectivement, la pub en ligne est beaucoup moins lucrative que la pub offline. Du coup, le modèle “pub seulement” qui caractérise les médias d’hier est inapplicable. Vous allez donc trouver cocasse que lemonde.fr, premier site d’information à expérimenter un modèle gratuit/payant soit le seul site d’information issu des anciens médias rentable….que la VOD construit son business en mettant sur les plates-formes vidéos gratuites des briques substantielles de contenus, pour mieux appâter le consommateur vers les contenus payants…

Ce que vit l’industrie de l’information est un simple changement de business model. La chasse aux sorcières sur les pirates, les aggrégateurs, les bloggers…prouve juste que les anciens médias ne savent pas encore en tirer parti et que leur pouvoir de lobbying est effrayant (au point de faire voter une loi liberticide, anticonstitutionnelle et inapplicable, comme le sont la loi Création et Internet et ses prédécesseurs).

2 comments

  1. Sergio posted on 8 avril 2009:

    article genial!!!
    contenant au fond un max d’idées qui a posteriori semblent evidentes mais auxquelles il fallait quand meme penser,
    vive le gratuit!
    un petit coup de crowdsourcing : le peuple demande la parution plus fréquentes d’articles comme ca sur le pablog!
    cheers

  2. Antoine posted on 9 avril 2009:

    Et pan, la loi a été rejetéé par le Parlement. “Jeudi 9 avril, après un vote négatif de l’Assemblée nationale, le projet de loi création et Internet qui prévoyait de sanctionner le téléchargement illégal. A main levée, une majorité de députés ont rejeté le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP), alors qu’il avait été voté plus tôt dans la matinée par le Sénat.

    Ce rejet surprise s’explique par l’absence de nombreux députés lors du vote. Une partie des élus UMP ont voté pour, mais deux députés de la majorité – Jean Dionis du Séjour (NC) et Nicolas Dupont-Aignan (non-inscrit, ex-UMP) – ont cependant voté contre, avec l’opposition. Au final, 15 députés ont voté pour et 21 contre. Des députés de la majorité protestaient contre le durcissement du texte en commission mixte paritaire, sous la pression du Sénat.

    La CMP avait en effet rétabli la “double peine”, ainsi nommée par les adversaires de cette mesure, prévoyant que les internautes sanctionnés pour téléchargement illégal, après deux avertissements, continuent de payer leur abonnement, même une fois leur connexion suspendue pour une durée de deux mois à un an. “C’est formidable. Nous avons mené une bataille de chien”, a réagi le député Jean-Pierre Brard. “Une fois de plus on voit l’amateurisme du gouvernement et du ministre de lacCulture, du groupe UMP”, a commenté pour sa part M. Dupont-Aignan.

    Le vote au Parlement était considéré comme une formalité après la réunion de la CMP, en début de semaine. L’essentiel du projet de loi examiné depuis plusieurs mois vise à créer une Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). Saisie par les sociétés d’auteurs ou les percepteurs de droits qui auront repéré un téléchargement illégal, elle sera chargée de mettre en oeuvre une “riposte graduée”, allant d’un simple avertissement par mail à la coupure temporaire de l’accès à Internet.

    UN NOUVEAU VOTE APRÈS LES VACANCES

    Le gouvernement va désormais faire repasser le texte à l’Assemblée et au Sénat, a annoncé Roger Karoutchi. “Ce vote retarde l’adoption du texte, ça ne le bloque pas”, a-t-il déclaré à l’AFP, précisant que cette procédure avait été validée par François Fillon. “Ce texte sera de toute manière bien sûr voté. On le fera à la rentrée des vacances parlementaires” de Pâques, qui débutent ce jeudi soir et durent jusqu’au mardi 28 avril.

    M. Karoutchi a dénoncé “des actes de flibuste” de la gauche, qui consistent à “cacher des parlementaires et à ne les faire entrer dans l’hémicycle qu’une fois le vote appelé pour dénaturer la réalité d’un débat et d’un vote. C’est un mauvais coup à la création artistique, c’est un mauvais coup pour les artistes français. C’est une manière de débattre et de voter la loi qui est complètement aberrante. Je considère que c’est indigne du Parlement et de la République”, a-t-il affirmé.”

    Article issu du site Internet du Monde !

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