Pablus"/>

Les restes du Pablog - préoccupations ponctuelles


Jump to content.

Mes derniers tweets :

Perles du web

Maintenant inactive (remplacée par Twitter)ma revue du web pendant longtemps...De très bons liens :)

Clic sur les tags pour les articles sur...

Archives du blog

Vous pouvez aussi me donner de l'argent...

Ma revue de presse…

Société :

  • Garçon, tu pleures de pas pouvoir te payer WiiFit ? Que vas-tu faire sans ton Iphone ? Mince, maintenant que j’ai acheté la PS3 je peux plus m’en payer les jeux ? T’inquiète mobilette, t’es pas au pire… L’ONU vient d’annoncer que la faim dans le monde augmente considérablement.

    Quelques chiffres édifiants : hausse de 12% en 2006 par rapport à l’année précédente, de 24% en 2007 et de 50% au cours des sept premiers mois de l’année en cours.
    Vue la difficulté qu’ont certains en Roumanie, qui est largement plus riche que les pays en question, ces augmentations doivent être tout simplement insupportables ou mortelles dans d’autres…

  • Enfin, pour ceux qui comme moi ont besoin de s’organiser et de FAIRE les choses, suivez la carte heuristique de l’organisation personnelle: getting things done

E-monde :

  • Ce powerpoint explique plein d’humour comment faire un bon powerpoint…Mon Dieu si tout le monde pouvait faire comme ça !!
  • La 27 ème région, c’est de la prospective sur l’organisation des régions dans le futur par la FING . Car, comme sur Internet, le futur s’écrit maintenant et c’est ce qu’on invente qui se fera. C’est l’équivalent de Ville 2.0 pour les villes. Voici un premier fruit particulièrement savoureux de leurs recherches.
  • Un excellent dossier de synthèse sur la sécurité (personnelle) et la vie privée dans le monde des réseaux…
  • Alors celle-là m’a mit sur les fesses…Google prévoit un plan d’aide aux pays en développement pour l’accès à Internet. Il veut simplement donner accès au haut débit aux 3 milliards de gens dont la mise en réseau n’est pas solvable pour les équipementiers.
    Sans Internet, ils ne te font pas gagner d’argent ? Qu’à cela ne tienne…on leur offre !

Breve de comptoir et rroms en Roumanie

“Ca te dérange pas si je monte le son ?” (traduction ro/fr : Pablog Transl. Corp. SA)
Telle fut, devant une cote de porc et un match Nigeria/Belgique (je ne comprendrai jamais les téléspectateurs de football) l’entrée en matière d’une singulière discussion, la semaine dernière.

L’homme, matraque a la main, costume noir des agences de sécurité privées qui grouillent a Bucarest, levait vers moi une moustache interrogative qui surplombait ses 1m80 et 100 kg ventrus.
Lui signifiant ma bénédiction d’un “da” laconique, je retournais a mes gribouilles sur cahier.
L’homme ayant interprété mon assentiment comme une chaleureuse invitation a faire connaissance se mit a commenter passionnément le match et notamment l’injustice physique évidente qui afflige les belges d’une bonne tete de moins et d’une moindre habitude a courir, parce que, on le sait, dans les pays moins favorisés, on court plus ma bonne dame…etc.
Quand vint mon tour de parler (je le devinais au stop soudain de sa tirade sur une note interrogative - pas naze le Pablal-) je lui dis que j’étais français et que je maitrisais mieux la recette de la langoustine flambée a l’eucalyptus que sa langue maternelle. (mot a mot : sunt francesa, nu inteleg bine romaneste).
Ni une ni deux, mon eructomane footballistique, après s’être assuré que la langue de Shakespeare n’avait aucun secret pour moi d’un “inglesa?” pressé, dont le levé de sourcil me permit pour la première fois de deviner un œil sous la broussaille (oui, cette phrase est longue) ni une ni deux, disais-je, il reprend au début sa sportive dissection dans un anglais pas abominable, en en ponctuant la pertinence par d’incessants “you understand?”.

(j’aurai pu écrire cette introduction comme ceci : “un mec m’a parlé en anglais devant un match de foot dans un bar” mais c’est compter sans ma joie d’écrire et ma certitude que les personnes capables de s’intéresser a un post sur une brève de comptoir en Roumanie sont assez désespérés pour endurer les pires tournures.)

Rebondissant sur je ne sais quelle auto-contre-argumentation, mon bonhomme se mit a me toiser de toute sa carrure (j’étais assis, lui, debout), mit (par habitude, surement) la main sur sa matraque et s’attaqua de toute sa dignité, de tout son patriotisme a l’inqualifiable, l’odieux, l’avilissant, le révoltant, l’impossible pré-jugé représenté par ma modeste personne (comme francais) selon lequel les Roumains serait tous des rroms. Il sur-réagissait vraisemblablement aux récents événements en Italie, pendant lesquels les medias occidentaux ont joyeusement confondu rroms et roumains, Roumanie et pauvrete, …etc. (j’avais écrit a l’époque un article acéré pour un blog qui n’a jamais vu le jour) Et qui avaient profondément marqué et choqué une bonne partie des roumains.

Je passe sur la fin de la discussion unilatérale avec le bonhomme.

Bon.

Je crois qu’il est important de faire ici un point.

Les rroms, autrement connus sous les noms plus ou moins péjoratifs de “gens du voyage, gitans, tsiganes, romani, gypsies, romanichels, bohémiens, manouches, romanos, fils du vent…” (aidez moi si j’en oublie) préfèrent, en français au moins, qu’on les appelle des “rroms”. Voir le blog rrom “la voix des rroms“. Pour plus d’information, voir aussi le site de l’Union Européenne dédiée aux rroms.

Ils sont issus d’une culture nomade, ce qui explique une grande partie des incompatibilités culturelles avec la culture occidentale sédentaire que l’on connait.

Je cite ici l’intitule d’un concours européen de journalisme contre la discrimination :

“[dans la plupart des pays de l'Union, les rroms]…souffrent de la violence raciale, des discours de haine et des discriminations dans l’accès à l’emploi, l’enseignement, les soins de santé ainsi que les services publics et sociaux” (lien)

Le problème de l’intégration des rroms en Roumanie est critique. Les quelques 500 000 rroms de Roumanie sont l’objet d’une catégorisation frisant le racisme, du moins pour certains des roumains que j’ai rencontré. Il faut insister sur le fait que l’absence de véritable politique d’intégration jusqu’à peu (il y a maintenant d’excellentes initiatives) a rendu une majorité de cette population si pauvre qu’une partie a trouvé plus simple de voler, une autre de mendier, d’autres de chanter, beaucoup de cultiver la terre pour le marché…mais que le cercle vicieux du racisme/non intégration/racisme/non intégration a atteint en Roumanie un niveau “cas d’école”. (et évidement, l’inimitié est réciproque)

L’intégration des roumains d’origine rroms dans une vie économique et culturelle “normale” est rare et des phrases choquantes, que l’on rangerait en France dans la catégorie des pré-jugés inacceptables sont fréquentes, dans les cercles sociaux que j’ai expérimenté. (ex : Bucarest ?, c’est plein de gypsies ; ils sont sales, ils sont voleurs, ils ne font rien d’autre que voler ; les gitans marient leurs filles a l’age de 12 ans…”)

Les raisons en sont multiples et complexes, j’y reviendrai longuement.

Notons que la communauté rroms en Roumanie est la plus grande d’Europe. Les rroms sont souvent associés, dans les pays d’Europe de l’ouest, a la Roumanie.

Les solutions aux migrations illégales inventées par les modèles Sarkozistes et Berlusconiens consistent a renvoyer, après prison (légale ou pas) les fautifs (hum) dans leurs pays d’origines.

Qu’en est-il d’un peuple qui n’a pas de patrie par essence ? (les nomades)

Qu’en est-il quand on renvoie tous ces gens en Roumanie (qui n’en veut pas) ?

Quelle solution européenne ou/et collective a ce problème récurrent, dont la dureté va s’empirer a mesure que les suggestions sarkozy sur la transformation de l’Europe en ghetto de riche vont être appliquées en grand ?

Comment des roumains très éduqués peuvent-ils sortir des phrases a faire frémir Jean-Marie de plaisir, sans comprendre la situation difficile des rroms ? Comment, a l’inverse, pousser les rroms a s’intégrer, se scolariser, a chercher (pour ceux qui n’en ont pas) une activité économique ? Comment, parfois, les sortir de la misere ?

Comment préserver une culture très riche, incompatible avec la plupart des législations nationales qui va vers sa disparition ? (largement poussée par nos sociétés occidentales)

Comment sortir de l’impasse en Roumanie ?

Certaines réponses sur ce sujet manquent vaguement d’analyse socio-politique :

- De toutes façons ils veulent pas, c’est eux qui rejettent notre culture et pas l’inverse

- Faut pas croire qu’ils sont pauvres, yen a plein avec des belles voitures, plus riches que nous…

- Il faut qu’ils commencent par arrêter de nous insulter dans la rue, se laver et arrêter de voler.

- Ils sont pas comme dans les films de Kusturica, les roumains de Roumanie ne sont pas bohèmes, ils sont violents, autarciques…etc.

Des discussions sont arrivées a des “réponses” plus structurées :

- il existe de nombreuses sous-communautés. Chacune respecte a son niveau les traditions, s’intègre plus ou moins. Certaines sont des “familles” type petites mafias. D’autres sont des gens du voyage “nomades”. La plupart se sont sédentarises dans divers pays d’Europe. Tous subissent des pré-jugés venant du comportement de quelques uns.

- le problème de l’intégration en Roumanie n’est pas le même que celui de l’intégration en Europe : les origines historiques de l’animosité réciproque entre les roumains et les rroms posent d’autres questions.

- le jazz manouche de Django Reinhardt est un exemple intéressant de culture rrom intégrée a la culture mondiale. Un bon moyen de sauver une partie de cette culture.

J’arrête ici et j’appelle a contribution : qu’en savez vous ? qu’en pensez vous ? des choses/arguments/points de vues a rajouter ?