Pablus"/>

Les restes du Pablog - préoccupations ponctuelles


Jump to content.

Mes derniers tweets :

Perles du web

Maintenant inactive (remplacée par Twitter)ma revue du web pendant longtemps...De très bons liens :)

Clic sur les tags pour les articles sur...

Archives du blog

Vous pouvez aussi me donner de l'argent...

24 heures de la vie dans un BRIC

8h - Mon réveil sonne pour la troisième fois mais je m’étais rendormi énervé des klaxons incessants du périph’ voisin. Cette fois je suis en retard mais je dois laver mon linge pour demain (dans le bac qui sert traditionnellement de douche aux indiens - ça s’appelle “Bucket shower” par ici et c’est achte bon pour la planète, paraît-il, mais c’est galère), donc au diable la varice.
Ça, c’est une bucket shower typique. (la mienne est moins jolie :) )

J’éloigne les quelques insectes qui profitent de l’humidité de notre petite salle de bain (la chaleur y est torride, le ventilateur (de plafond) n’est que pour la chambre), vidange mon ventre d’une interminable diarrhée (Causée, semble-t-il, par la consommation d’un jus de fruit coupé à l’eau du robinet qui est toxique pour les indiens comme pour moi…Je tiens à dire que, vivant au quotidien un pays où les restrictions d’eau potable sont omniprésentes, ça donne envie d’arrêter de polluer les dernières nappes d’eau potable françaises, ne serait-ce que pour que les pauvres ne multiplient pas par dix leur budget eau. Donc, svp, bouffons bio et le moins de viande possible), douche et lessive, m’habille et réveille mon “coloc” (Je pense que l’anglais room-mate est plus proche de la vérité : on s’est pas choisi et on vit dans une chambre) pour le prévenir de mon départ (La chambre se ferme de l’extérieur par un verrou et de l’intérieur par un loquet. S’il veut dormir tranquille, mon coloc doit fermer derrière moi quand je pars - et je le réveille quand je rentre, pour la même raison).

Ça, c’est un panneau d’indication de base…je t’en prie, vas trouver n’importe quoi dans cette ville :)

Je suis vétu de vêtements ultra légers, achetés ça et là, qui ne ressemblent en rien aux vêtements occidentaux. Disons plus aux presque-mousselines informes que portent les “roots orientalisés” occidentaux…C’est vrai que ça tappe à Bangalore, même si c’est une des villes les plus fraîches d’Inde…J’enfourche mon vélo - n’ayant étrangement pas de vitesses, mais des amortisseurs avant et arrière - esquive trois “autos“, une enfant qui me parle tous les matins en kannada (que je m’obstine à ne pas comprendre), les trous du trottoir et m’insère “subtilement” dans la circulation sur la voie de gauche. (ne pas oublier pablo, ne pas oublier).

Ça, c’est une “auto” de Bangalore de base. C’est comme les taxis de Bucarest, sauf qu’ils conduisent bien plus mal…

EDIT : La comparaison vaut pour l’usage (Il sont tous relativement peu chers et omniprésents) qu’on en fait, non pas pour les aspects mécaniques ou performantiels de la chose.

Ma route croise celle de femmes en saris de toutes les couleurs, d’un nombre invraisemblable de deux-roues et d’autres véhicules dont tous se disputent le titre du plus dangereux conducteur. Quelques vaches broutent des ordures ci et là, les vendeurs ambulants crient leurs produits aux portes closes et fenêtres ouvertes, de braves citoyens dessinent des kolams devant leur porte. Le temps est encore doux, des arbres aversent de fleurs de fin d’été mon chemin et toutes les routes de Bangalore. (qui est connue pour être la ville Jardin de l’Inde, particulièrement pleine d’arbres et de parcs)

Ca c’est une dame en sari qui porte des colliers de fleurs (à vendre) dont les femmes se parent la crinière pour je ne sais quelle religieuse raison…

(ça c’est un jack-fruit tree dans la rue, avec ses jack-fruits immenses qui pendent - qui seront vendus dans cette rue un de ces jours- et je suis apparement le seul à pas connaître cet arbre. Notez qu’il y a plein de fruits exotiques partout ici, des omniprésentes noix de coco aux mangues)

Ça, c’est un kolam dessiné à la poudre de riz (mélangée à l’eau), devant une porte. Quasiment tout le monde dessine ces choses devant la porte, par ici.

Quelques miracles circulatoires plus tard (puisque je suis toujours en vie), j’arrive au bureau. A part la nourriture ultra épicée (tout le temps végétarien et la plupart du temps à base de Rotis, riz et différentes préparations épicées dont je ne me souviens jamais du nom) et l’exagération hiérarchique qui règne au boulot - due en partie au moins aux rémanences psychologiques de castes -, rien de bien particulier. Si, peut-être la propension qu’à la discussion du lunch-break à parler mariage…et toujours ce plaisir de manger avec les doigts (de la main droite, s’il vous plaît, car ici, la plupart des gens n’utilisent pas de PQ mais leur main…gauche, alors t’imagines)

Ah oui, et les black-out électriques réguliers (minimum plusieurs fois par jour)…Encore une vision prémonitoire de ce qui arrive doucement en Europe avec le pic pétrolier et notre stupide dépendance énergétique.

Le soir venu, départ tard du boulot, cours de tablas si c’est le jour, dîner dans un “upahar” (sorte de restauration rapide indienne, où je mange soit un veg-rice biryani (bien épicé) ou un gobi manchurian (bien épicé), dicussions politiques avec Shivs (une collègue américaine de science po, c’est un plaisir de batailler avec quelqu’un d’aussi têtu que moi, tout en apprenant l’anglais) et retour à la chambre, où je bouquine, combat quelques moustiques et me fait raconter l’Inde et l’Hindouisme par mon coloc. A noter, s’il est 10h passées au retour, c’est soit disant “dangereux” et tout est fermé. Les chiens se réunissent en meutes et deviennent incroyablement agressifs et tout le monde m’a dit de me méfier des motards et des gens et de ne pas rentrer seul, même à vélo. Je pense pour ma part que le matraquage médiatique sur l’insécurité a rendu les indiens assez paranos. Et pour les chiens, je me munis d’un bâton si j’en trouve un et ça s’est bien passé jusqu’à présent.

Ça, c’est le gobi manchurian. Gobi, c’est choux fleur, préparé à la manière de la Chine du Sud et c’est trop bon…

Donc, après la tentative d’immersion dans un quotidien fort éloigné, je me propose d’attaquer le prochain post sur un sujet comme le mariage arrangé, les castes, les disparités sociales, le poids de la religion ou un autre truc croustillant…

Disons pour introduire le sujet que la culture indienne est très hermétique. Que les lecteurs indiens et les proches de cette culture m’en pardonne, mais je n’ai jamais vu un tel protectionnisme culturel. Pour un occidental, il est inimaginable et inimaginé de s’intégrer. De fait, les occidentaux sont traités avec l’”affabilité” que l’on réserve aux riches et aux curieux pas méchants. L’immersion culturelle se réduit le plus souvent à des réponses franches et bienveillantes, mais jamais de réelles ouvertures. Je ne suis et ne serai jamais considéré comme un indien par la plupart des indiens, ni ne serait considéré comme un mari potentiel par la plupart des indiennes. Il est déjà presque impossible pour un indien du nord de se sentir chez lui dans un état du sud, alors t’imagines… Les indiens “tradi” peuvent être très ouverts, ils ne se font pas d’illusion et n’en entretiennent pas sur le fait que quoi qu’on fasse pour s’en rapprocher, on ne sera que des touristes culturels. Les indiens “modernes” ont adopté la liberté de ton et de pensée occidentale et en général, vomissent l’essentiel des limites culturelles de leurs traditions qu’ils considèrent indignes. Du coup, il y a difficilement d’entre-deux.

De fait, faire partie pour la première fois de ma vie d’une minorité visible est une singulière expérience. Dans l’essentiel de mon quotidien, je suis le seul blanc et je suis “reluqué” comme tel par beaucoup. En général, dans une sorte d’extraordinaire hospitalité indienne, ou un genre de conservation d’un respect post-colonial (ou de stupide glorification des “colonisateurs” de la colonisation culturelle en cours), les indiens me traitent beaucoup mieux qu’ils ne traitent un autre indien, du nord ou du sud.Mon pouvoir d’achat “supposé” (en tant que blanc, encore une fois) n’y est pas pour rien non plus.

Ça me rappelle ce détail d’un WE à Pondicherry…Voici comment je le racontais sur Facebook :

“En fait, c’est plus de se baigner dans le golfe du bengale qui défonce et le seaside d’un pays tropical, c’est méchant (bien que pas propre ici)
Les tamili (indiens de l’état qui entoure Pondi) sont adorables, hyper curieux…
A pondi et à Auroville, le truc le plus différent c’est le nombre d’occidentaux de partout. La plupart sont super peace, vraiment adorables. La confiance totale est de mise, c’est la fraternité incarnée là bas.
Mais, ombre au tableau, si tu peux t’imaginer le truc de fou, sur la plage d’auroville ya un espace réservé aux occidentaux. Au début, innocent, j’accepte l’idée que c’est pour protéger les indiens des moeurs vestimentaires occidentales plus libres (les indiennes se baignent en sari). Puis à l’usage, faisant un footing sur la place avec trois jeunes pécheurs tamili, ils s’arrêtent à un point et me disent “continue et reviens, on t’attend ici”. L’idée est que cette pseudo protection culturelle est juste un appartheid déguisé : il y a un garde sur la plage des blancs et c’est à la gueule (à la couleur de peau) que le type chasse les indiens et accepte les occidentaux.
Bref, le truc dégueu...C’est fou ici, mais c’est toujours comme ça, ya le côté génial et l’autre…et il faut jamais se laisser aller à se faire des lunettes en PQ pour voir la vie en rose.”

Bref. Je sais que les lignes ci-dessus sont exagérées, simplistes et non-réfléchies, mais je les écris quand même, ne serait-ce que pour amorcer une discussion intéressante, tant que je prends le temps d’écrire.

J’en reste là pour ce soir, il me faut affronter les chiens sur mon vélo :)

Bisous à tous

Ah oui, tiens, j’ai expérimenté un hopital indien le WE dernier, faut que je pense à raconter ça :)

Et tiens, ça c’est juste pour illustrer la différence d’esthétique entre certaines manifestations culturelles indiennes et notre quotidien silencieux, coincé et grisâtre français :p

Et puis un petit croquis pour la route…

Ah oui, et pour voir à quoi ressemble l’Etat dans lequel je vis, c’est ici (bien sûr, c’est que des images touristiques)

L’Inde vue par…

Croquis dégueu griffonné en marchant…assez représentatif des premiers jours.

Sinon, je n’ai malheureusement pas encore le temps d’en faire beaucoup, mais quelques images :

L’Inde (ou plutôt le quartier sud de Bangalore, j’ai nommé Jayanagar) c’est :

- Des choses auxquelles on s’attend :

(Vache siestant à l’ombre d’un arbre exotique, au bord de la route)

- Des choses auxquelles on s’attend pas forcément :

(Pour le festival Holi en l’honneur de je ne sais quel Dieu important (Ils en auraient 33 millions selon le routard, alors tu parles, les indiens “play holi”, c’est à dire qu’ils s’entre aspergent de colorants de toutes couleurs. C’est plutôt au nord de l’Inde que ça se passe, mais je me suis pas raté quand même :) Evidemment, j’ai pas réussi à le faire partir avec le premier jour de taff, le lendemain)

- Des trucs tristes :

(Oui, les enfants travaillent et certains dorment dans la rue. Cela dit, je pense que la Roumanie m’a pas mal décomplexé du choc social que tout le monde m’avait annoncé. La pauvreté est omniprésente ici, mais elle est aussi criminelle (notre responsabilité) et moche qu’en Roumanie ou ailleurs…)

- Des trucs marrants :

(Cette vache s’est incrusté dans une baraque et mangeait la selle d’une belle moto toute neuve…Le respect n’est pas réciproque :D )

- Des trucs jolis :

Ya plein de fleurs et des arbres pas croyables. C’est les arbres qui me touchent le plus, je vous ferai une compilation de photos quand j’aurai un appareil photo ou une caméra - ces photos sont prises avec mon portable pourri)

- Des trucs moches :

(RAS, de toutes façons, c’est ici que les camions poubelles viennent les prendre, après dégustation par les chiens et les vaches et un petit feu pour réduire le tout)

- Bref, c’est comme partout…S’pas ?